vendredi 21 novembre 2008

« Allume le Feu sacré, relève notre rêve ! »

L’annonce de ma candidature à l’élection européenne de 2009 ayant, semble-t-il, provoqué une certaine agitation des esprits, il me paraît aujourd’hui nécessaire et utile de préciser ma démarche et le sens de cet engagement.

Ce n’est, j’imagine, une surprise pour personne de me voir engagé activement dans la bataille politique de la campagne européenne qui est, avec l’élection présidentielle et les élections législatives, une bataille stratégique pour l’avenir de la France et des Français.

Ce n’est, j’imagine, une surprise pour personne que je mène cette campagne électorale dans la circonscription du Nord-Ouest ( Normandie, Picardie, Nord-Pas-de-Calais) dont je suis un élu régional et européen, où se trouvent toutes mes attaches familiales et personnelles et où j’ai milité pour le Front national depuis 1978, tout d’abord en Normandie, puis depuis 1992 dans le Nord-Pas-de-Calais. J’ai été, depuis 1984, seize fois candidat sous l’étiquette Front national et toujours sur ces terres du Nord-Ouest.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai, en respectant les procédures internes, officiellement sollicité l’investiture du Front national par un courrier adressé à son président en date du 28 mai 2008. Il se trouve que le 11 septembre 2008, soit cinq semaines avant la réunion de la commission d’investiture, dans un entretien donné au journal Valeurs Actuelles, le président du mouvement, qui est aussi le président de la commission d’investiture, a indiqué publiquement que sa fille devait conduire la liste européenne du Front national dans le Nord-Ouest.


Comment dans ces conditions, après une telle violation et un tel mépris des procédures internes, ne pas considérer que la commission d’investiture du 17 octobre n’était plus rien d’autre qu’une mascarade visant à “officialiser” a posteriori une décision déjà prise et annoncée ? Comment dans ces conditions, ne pas parler de préférence familiale, de dérive familiale, de Front familial ? Qui ne contesterait pas une décision de justice qui aurait été prononcée par le président du tribunal avant même que ne se déroule l’audience ? Qui ne serait pas indigné par ces méthodes ?

Mais au-delà de ces questions de forme, qui sont finalement secondaires, se posent les questions essentielles : la question humaine et la question politique. La commission d’investiture m’a proposé de figurer en deuxième place derrière Marine Le Pen. Mais il se trouve, et je le regrette pour la cause nationale, que je n’ai plus aucune confiance, ni politique, ni humaine en Marine Le Pen.


Depuis que celle-ci a déclaré sur une radio “je me désolidarise sans ambiguïté des propos de Bruno Gollnisch” (propos qu’il n’a d’ailleurs pas tenus) au moment où celui-ci était victime d’une campagne médiatique de désinformation et de lynchage lui valant la suspension de son activité universitaire, depuis que Marine Le Pen s’était mise “en retrait” des instances dirigeantes du mouvement au moment où une campagne anti-Le Pen se développait suite à un entretien donné par le président du Front national au journal Rivarol, je n’ai plus confiance en ses capacités de résistance à la diabolisation et de solidarité dans l’épreuve.

Je considère enfin que lorsqu’on prétend vouloir être candidat à la présidence de la République, il faut d’abord avoir le courage et la volonté de défendre ses mandats, en particulier lorsque le Front national ne dispose dans la région Ile-de-France, première région de France et région capitale, que d’un seul siège de député européen. Ce n’est pas en abandonnant son poste, du fait d’un risque électoral potentiel, que l’on montre le chemin de l’engagement et du nécessaire combat des idées.

Depuis la dernière campagne présidentielle dont elle assumait la direction stratégique, j’ai perdu confiance en ses qualités politiques. Je considérais, qu’au moment où Nicolas Sarkozy “lepenisait” ses thèmes de campagnes, il était absurde de “délepeniser” Le Pen par une communication qui a pris notre électorat à contre-pied.

Je n’ai pas oublié la déclaration de Marine Le Pen dans le Figaro du 12 décembre 2006 : “la candidature de rassemblement du peuple français débarrassée des spécificités religieuses, ethniques ou même politiques, c’est la candidature de Jean-Marie Le Pen”. Cette phrase résume à elle seule l’esprit de la dernière campagne présidentielle et explique toutes les dérives dont la malheureuse déclaration de la “dalle d’Argenteuil”. Je suis en désaccord total avec cette ligne politique et cette recherche à tout prix de la normalisation médiatique.


On ne peut pas mener le combat politique sur nos idées sans devoir affronter la diabolisation orchestrée par les adversaires de la cause nationale. J’avais adressé le jeudi 29 mars 2007, lors d’une mini-session au Parlement européen le billet d’alerte suivant à Marine Le Pen : “Il faut cogner sur les questions d’immigration et d’insécurité. Nous paraissons aujourd’hui plus modérés que Sarkozy ; c’est le comble ! Dans ces conditions à quoi sert-il de voter Le Pen ?”. Ma mise en garde est restée lettre morte et le résultat du scrutin a malheureusement confirmé mes craintes.

Puisque le mot “gamelle” semble être très à la mode, ces jours-ci, sur le site internet du Front national, je considère que la stratégie de campagne de 2007, contrairement à celle de 2002, a été façonnée dans le zinc politique dont on fait les “gamelles” électorales qui font mal lorsque vous les prenez.

Voilà pourquoi il est évidemment exclu que je puisse figurer sur une liste politique menée par Marine Le Pen. Ni les perspectives d’élection à la deuxième place, ni la proposition qui m’a été faite de me payer pendant deux ans en cas d’échec électoral ne peuvent rien changer à cela.


Si j’avais accepté ces propositions, dont l’offre financière que je trouve insultante, il m’aurait fallu renier toutes mes convictions et trente ans d’engagement politique au service de la cause nationale et européenne.


Ce n’est pas le cas ! Et ce n’est pas le cas des nombreux militants, cadres et élus du Front national qui s’engagent à mes côtés dans cette bataille électorale, choqués par le mépris et la violence verbale dont ils sont l’objet.

Je souhaite enfin rassurer tous les militants du Front national attachés comme moi à ce qu’a été l’action politique de Jean-Marie Le Pen et attachés aux souvenirs de toutes les batailles politiques passées et des épreuves surmontées ensemble.


Je n’ai nullement l’intention d’organiser un quelconque “putsch” visant à contester la présidence de Jean-Marie Le Pen à la tête du Front national.


Pour éviter d’ailleurs toute ambiguïté à ce sujet et depuis que j’ai quitté, à la demande de Jean-Marie Le Pen, le secrétariat général en octobre 2005, je me suis consacré volontairement et exclusivement à l’activité politique au profit du Front national et ce en dehors de toute intervention relative aux questions de fonctionnement interne.

Je rappelle que, depuis trente ans, mon soutien politique et mon engagement n’ont jamais fait défaut au président du Front national et ce, dans mon cas, en toutes circonstances, y compris durant les périodes les plus difficiles, notamment pendant l’hiver 1998-1999 et en mars et avril 2002 lors du recueil des signatures de maires indispensables à la candidature à l’élection présidentielle. Ceux qui me connaissent, connaissent mes convictions et connaissent l’histoire du Front national peuvent en témoigner. Et c’est pour moi cela l’essentiel.
Quant aux autres, les insultes qu’ils déversent sur le site du Front national m’indiffèrent. J’observe d’ailleurs avec amusement que les plus zélés sont, comme toujours, ceux qui ont le plus besoin de faire oublier leurs errements passés.
Je préfère le Front national “canal historique” que j’ai connu à ce Front national “canal hystérique”.

Un dernier mot pour vous dire que je me serais fait un plaisir, si on me l’avait proposé, de mener campagne dans ma région en figurant en dernière place sur une liste conduite par Jean-Marie Le Pen ou Bruno Gollnisch.

En espérant avoir répondu à vos légitimes interrogations, je vous prie de croire, chers amis, en l’expression de mes meilleurs sentiments nationaux et pour beaucoup d’entre vous personnels et amicaux.



Carl LANG

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